Quand Musique et Placement produit poussent le bouchon trop loin

Le placement de produit poussé à son paroxysme dans une pâle copie de clip vidéo à l’arrière goût de Daft Punk mal digéré …

C’est la seule manière que je trouve pour décrire ce clip de David Guetta. Quand les intérêts d’un constructeur automobile et d’un musicien à la mode convergent, ça peut donner ça :


David Guetta – The Alphabeat par EMI_Music

Est-ce un clip ? Est-ce une Pub … Et cette interrogation ne m’a pas quitté de tout le clip.
Un hymne écolo, certes, mais dans lequel on ne voit que Renault et sa Twizy (et Madame Guetta, qui avait visiblement besoin de se rappeler au bon souvenir du public en apparaissant dans le clip de monsieur).

Au final, on a l’impression d’un placement produit tellement énorme qu’il en devient grossier. D’autant plus que l’image sert une « musique » qui fait inévitablement penser à une resucée de Daft Punk en râté, totalement indigne de ce que David Guetta nous a prouvé qu’il était capable de faire.

Et même si l’univers visuel du clip ressemble parfois à un clin d’œil au design de Tron (à peu près aussi subtile que le cliché du geek embarqué dans l’ascenseur par les bombes en robe de soirée), on est bien loin du brio d’un Derezzed (écoutez ce morceau, vous verrez, on dirait vraiment que l’Alphabeat de Guetta en est une version mal digérée) .

Au final, on a la sensation d’un gros spot publicitaire pour Twizy avec en guest star un DJ en manque total d’inspiration.
Ça sent tellement la commande qu’on n’arrive pas à le considérer comme un morceau de musique … (bientôt en version 30 secondes dans les coupures pub des Experts sur TF1 ?).

Mauvais point donc pour Renault et Guetta, qui auraient pu collaborer plus finement et avec plus de talent …

Mais sans doute ne suis-je pas dans la cible ;-)

Pauley Crossbow : à la croisée de l’auto, de la moto et de l’avion

Est-ce une moto  ? Est-ce une auto ? Ou peut être un avion ? En tous cas, c’est un concept de toute beauté …

C’est la newsletter du Repaire des Motards qui a attiré mon attention sur cet intéressant concept de Phil Pauley, designer prolifique à la tête d’une entreprise qui a fait de l’innovation son expertise (et avec talent) .

Le (la ?) CrossBow Canopy est une machine à la croisée de trois univers :

  • celui de la moto, d’abord, puisqu’il évolue sur deux roues,
  • celui de l’auto, en suite, puisqu’il met un point d’honneur à bichonner son pilote en le mettant à l’abris des éléments voire en le dispensant de porter un casque (mais pas des bottes et un pantalon renforcé),  grâce à ce qui ressemble à une carrosserie
  • celui de l’aviation, enfin, avec un mécanisme d’ouverture de ladite carrosserie qui n’est pas sans rappeler celui des verrières de cockpit d’avion (d’où sa dénomination de « Canopy » … la boucle est bouclée)

Le concept Suzuki Nuda présenté au salon de Tokyo en 1986

Qualifiée de « moto tous temps » par son concepteur, elle est extrapolée du concept Suzuki Nuda (présenté au salon de Tokyo en … 1986). Et sérieusement extrapolée, puisque outre l’ajout d’une verrière de type aviation, Phil Pauley la veut non plus motorisée, comme Suzuki l’imaginait à l’époque par un bon vieux moulin 750 cm3 de GSX-R, mais par un moteur totalement électrique (progrès, innovation, environnement, tout ça …).

Comme quoi un design des années 80 peut encore inspirer les créateurs d’aujourd’hui … (ils sont trop forts ces designers japonais)

Vous remarquerez que parmi les délicates attentions de la CrossBow figurent un essuie-glace et des vitres teintées (pour éviter les coups de soleil ?), mais pas de rétroviseurs …

Dans l’univers des concepts mêlant les genres, Phil Pauley était déjà à l’origine du concept Bullet, mi moto, mi avion, que je vous invite à découvrir sur la page qui lui est dédiée. Plein d’humour, le desginer  n’hésite pas à en conclure la présentation, pour ce qui est des qualités requises pour conduire un tel engin, par un poétique « aucune licence de pilote n’est requise, juste des balloches en acier et une mentalité de winner » …  sans doute ce qu’on appelle « une moto d’homme » ;-)

Bref, vous l’aurez compris, Phil Pauley déborde d’idées, notamment liées à la mobilité, que je vous invite à découvrir sur son site. Quant à la CrossBow, elle n’aurait pas dépareillé dans le second opus de Retour vers le Futur, et rien que pour ça, elle gagne à être connue.
Espérons que Phil Pauley nous proposera de nombreuses autres rêveries aussi inspirées et splendidement modélisées !

Jackson Pollock et la Convergence … en 1952 déjà …

 

La convergence a beau être un terme très à la mode depuis le début du 21ème siècle, notre génération n’a rien inventé. Le concept inspirait déjà les artistes au 20ème, comme en témoigne ce tableau de Jackson Pollock de 1952, intitulé, justement, « convergence » …

 

 

Il s’agit d’une peinture à l’huile de taille assez conséquente (2,375m x 3937m, tout de même), qui est exposée à l’ « Albright-Knox Art Gallery », à Buffalo dans l’état de  New York.

Pour la petite histoire, Jackson Pollock est un artiste américain (1912 – 1956 … le monsieur est mort jeune), maître de l’art abstrait sur lequel vous en apprendrez plus ici, et campé au cinéma par Ed Harris dans le film « Pollock » en 2000.

 

 

Pinboards : socio et porno, une convergence d’approche

C’est un tweet de @korben qui m’a mis la puce à l’oreille … La mode est aux Pinboards, à l’image de l’étoîle montante Pinterest. Et comme toutes les bonnes idées trouvent en général une déclinaison immédiate dans l’industrie du porno, il n’y avait pas de raison que les Pinboards échappent à la régle. Et Snatchly en est la preuve.

Voyez plutôt par vous-même sur les deux saisies de Home Page qui suivent … Continuer la lecture

Cuusoo, ReBrick, Lego fait feu de tout bois pour faire converger ses afficionados

Les initiatives online de la marque Lego à destination de ses fans se multiplient, avec l’ouverture de nouveaux sites dont la principale  vocation est de faire converger les passionnés.

Le online est depuis un bon moment déjà un terrain d’exploration pour la marque danoise, qui, déjà rompue à l’exercice du minisite sur ses différentes gammes de produits, avait même lancé son propre MMORPG baptisé Lego Universe en octobre 2010.

Alors que ce dernier a fermé ses portes fin janvier 2012, faute de succès (et de rentabilité), Lego continue à explorer de nouveaux horizons communautaires, moins ludiques mais bien plus sociaux :

Lego Cuusoo et Lego ReBrick sont deux sites fraîchement ouverts en Bêta, surfant sur la vague, pour l’un, du crowd funding et pour l’autre, du réseau social.

Revue de détail … Continuer la lecture

Convergence d’usages : G7 propose de joindre l’utile à l’utile dans ses taxis

Si personne ne souhaite passer des heures dans un taxi, ne serait-ce que par égards pour son portefeuille, force est de reconnaître que les longs transits en voiture peuvent vite se transformer en une perte de temps colossale dans la journée de travail de l’actif moyen.

Souvent déjà, le taxi est propice au rattrapage des coups de fil en retard. Mais si seulement il pouvait aussi permettre de dépiler ses e-mails, se connecter à son réseau d’entreprise, ou pour les moins accros au boulot, de simplement surfer pour tuer le temps, ce ne serait pas plus mal.

G7 propose donc depuis le 10 janvier de joindre l’utile (du taxi) à l’utile (de la connexion Internet) avec une gamme de taxis équipés de Wifi, et baptisée Maxicab Wifi.

La proposition de G7 est ainsi, pour reprendre leurs propres termes :

  • Un accès gratuit au WiFi à bord
  • Un habitacle spacieux pouvant accueillir jusqu’à 7 passagers
  • Une disposition conviviale avec des sièges en face à face
  • Une prise 220V ainsi que des chargeurs pour smartphones à disposition.

G7 inaugure ainsi ses propres salons business roulants, avec une promesse alléchante pour les clients pros, à savoir optimiser le temps passé en transport à plusieurs.
Organiser une réunion entre deux rendez-vous, ou sur le chemin de l’aéroport, serait donc désormais plus simple grâce à G7.  Pourquoi seulement dans des véhicules à 7 places ? Cela reste en revanche un mystère (que je ne m’explique vraiment pas). On pourrait en effet penser qu’une connexion est moins utile lorsqu’on est plusieurs. Mais les marketeurs de G7 ont certainement de solides arguments pour démontrer le contraire …

A noter deux caractéristiques effectivement très intéressantes de cette offre : sa gratuité (mais avec seulement 130 taxis équipés, et la densité de Geeks en Ile de France, on peut se demander s’il ne va pas être compliqué de réussir à en attraper un), et la possibilité d’utiliser la connexion Wifi pour des appels en Téléphonie IP, que G7 positionne comme un avantage pour leurs clients étrangers souhaitant « téléphoner maison » à moindre coût.

L’intérêt pour un accès Internet dans les taxis n’est pas nouveau, en France. Les Taxis Bleus avaient mené un pilote en 2008, resté sans suite. 3 ans plus tard, le taux d’équipements des passagers de taxis en appareils connectables en wifi rend la proposition d’autant plus pertinente qu’il n’est plus nécessaire de fournir un terminal au client pour lui permettre de surfer.
Depuis bientôt un an, la ville de Tokyo propose également sur près de 1000 taxis un accès wifi embarqué, grâce à NTT DoCoMo.

Reste la question de la qualité de la connexion. Je ne sais pas quelle solution se cache derrière cette offre, mais elle devra, pour convaincre, proposer un service plus fiable que les connexions 3G auxquelles la majorité des téléphones sont habitués, et qui, en taxi, posent de sérieux problème de débit et de qualité de service (et pour cause, un taxi, ça bouge tout le temps – en dehors des bouchons).
S’il s’agit seulement de faire du « tethering » dans le taxi à partir d’une connexion mobile classique, le résultat risque d’être décevant (mais pour un service gratuit, peut-on vraiment en attendre plus ?).

Quoi qu’il en soit, l’initiative mérite d’être soulignée, et on ne peut qu’espérer qu’elle se généralisera (notamment pour permettre aux voyageurs solitaires de se connecter en empruntant autre chose que des monospaces).

Et l’étape d’après, monsieur G7, c’est quoi ? Ecran et vidéoprojecteur à bord pour pouvoir y organiser son conseil d’administration ?

Les Tweets Konvero de la semaine

A nouvelle année, nouvelles rubriques. Konvero essaiera de vous proposer chaque semaine un résumé de ses Tweets sur le thème de la convergence. Réactions, ReTweets, humeurs, petit florilège de ce qu’il se passe sur @konvero … Suivez le guide !

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Convergence industrielle ou rationalisation ?

Un rapide billet en réaction à un article paru sur La Tribune ce 6 janvier, et intitulé « Le Salon de Detroit mise sur des voitures plus européennes ».

Dans le texte, l’auteur parle de la déclinaison opérée par les constructeurs américains de leurs véhicules sur différents marchés, à partir de plates-formes communes, comme d’une convergence :

Même convergence chez Chrysler. La toute nouvelle Dodge Dart, une berline compacte qui utilise la célèbre appellation des années 1960, reprendra la plate-forme de la très européenne Alfa Romeo Giulietta. Logique : les deux marques ont le même actionnaire, le groupe Fiat.

On parle donc ici du principe désormais répandu dans l’industrie automobile qui consiste à mutualiser un maximum de pièces et de composants entre différents modèles pour en réduire le coût de production. A commencer par les plates-formes.
Cette mutualisation se fait soit à l’intérieur d’une même marque (comme dans l’exemple Ford Fusion / Ford Mondeo de l’article) ou entre plusieurs marques (l’exemple de Chrysler cité plus haut, ou plus proche de nous, la triplette Citroen C1 / peugeot 107 / Toyota Aygo dans le cadre du partenariat PSA/Toyota)

 

Peut-on à ce sujet parler de « convergence » ?

La réponse tient peut-être justement à cette distinction entre la mutualisation au sein d’une même marque, et celle entre plusieurs sociétés/marques/groupes.

Dans le premier cas, si nous prenons l’exemple de Ford, il s’agit plus de décliner une base commune pour l’adapter à des marchés  différents : le Ford Fusion est calibré pour son marché domestique, les US, ses highways interminables et son amour des options superfétatoires. La Ford Mondeo, elle, est adaptée à un marché européen aux routes plus sinueuses, aux conducteurs plus « sportifs » dans leur comportement, et habitués aux comportements raides et rigoureux évangélisés par les véhicules européens. Bref, on parle de voitures à 80% semblable, mais qui se différencient sur les 20% restant pour répondre à une attente spécifique de deux marchés distincts d’une même marque, d’une même entreprise. Ces 20% portent sur des élements de design, parfois minimes, des équipements et différents paramètres et pièces liés au comportement du véhicule.

Dans le second cas, il y a une convergence d’intérêts de deux ou plusieurs sociétés / groupes distincts, même s’ils peuvent être rapprochés par des liens capitalistiques. On ne parle plus de relooker / adapter un modèle donné à un marché, mais bien de construire des véhicules différents (de même gamme voire de gammes différentes, mais chacun cohérent avec l’image de sa propre marque) en mutualisant un maximum de pièces pour chercher les économies d’échelle, assouplir la production, etc…, toujours dans une  logique de rationalisation.

C’est bien la différenciation, grâce à la divergence des approches de chaque marque sur ses marchés, qui est la finalité des efforts de mutualisation et de rationalisation plus en amont de la production

La convergence n’est donc pas tant dans le principe de mutualisation des plates-formes ou des pièces que dans les intérêts qu’ils matérialisent – et regroupent – pour chacune des marques qui participe au projet. Dans ce cas, les intérêts de marques distinctes convergent, mais la rationalisation et la mutualisation des composants, voire des outils de production, n’a pour objectif que de permettre une différenciation par la divergence des approches de chaque marque sur son marché (design, équipements, comportements, finitions, images des marques, …)

Peugeot 107, Toyota Aygo, Citroen C1, de fausses soeurs jumelles. Convergence d'intérêt de PSA et Toyota, certes, mais derrière celà, une "simple" rationalisation des achats, des processus et des outils de production.

 

Archos 35 Smart Home Phone : le premier (vrai) téléphone domestique convergent ?

Archos ouvre 2012 avec une proposition alléchante de smartphone domestique. Le premier téléphone réellement convergent pour le domicile ?

Archos sera en 2012 le premier constructeur à lancer un produit innovant, pour ne pas dire décalé par rapport aux tendances high tech du moment.

Décalé, car le constructeur français adresse un marché pour le moins surprenant, celui des téléphones « fixes », traditionnellement le terrain de jeu d’équipementiers télécom historiques (Alcatel, Siemens et autres Philips) et pas franchement perçus comme innovants.

Innovant car Archos aborde la convergence non pas sous l’angle de la réunion des communications fixes et mobiles (souvenez-vous d’Orange et de son offre Unik), mais sous l’angle de la technologie mobile appliquée à la téléphonie fixe. Continuer la lecture

Lu sur le Net – Fusion entre l’ARCEP, le CSA et l’Hadopi : Mitterrand défavorable

Lu sur PCINpact : Fusion entre l’ARCEP, le CSA et l’Hadopi : Mitterrand défavorable – Actualité PC INpact.

Je tiens à vous faire part des deux remarques suivantes. Il est incontestable que le phénomène de convergence numérique implique de s’interroger et d’adapter les modalités de régulation afin de tenir compte de l’évolution des secteurs en cause et de l’attente des opérateurs qui en résulte. De ce point de vue, j’observe que vous relevez qu’une majorité d’acteurs ne se prononce pas en faveur d’une fusion de l’ARCEP et du CSA à court terme. Le Gouvernement n’y est également pas favorable. – Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture, 2011

Une preuve rassurante de la capacité de nos gouvernants à faire la part des choses, et à considérer chacune des entités concernées (CSA, Hadopi, ARCEP) pour ce qu’elle est réellement, avec des champs d’intervention et des rôles distincts.

Dans une société où la tendance Big Brotherienne insufflée par le gouverment tend à se durcir, de telles prises de position ont un petit goût de ciel bleu et de liberté … Histoire de rappeler que notre devise nationale fait encore un peu sens ?